Photographe : Francis Aviet, Festival Mimos, août 2006

 

 

 

S.D.F. Sans Direction Fixe

Chorégraphie Annabel GUEREDRAT
Musique Patrice SOLETTI 
Costume Judith CHAPERON
Création Chapelle de la Visitation , Festival International Mimos, Périgueux,
le 4 août 2006

"Ce spectacle est exaspérant. Envie d'appuyer sur la touche stop. Envie que cela dure, et que cela dure encore. Tout ce remue - méninges dérangeant et bouleversant. Je n'ai pleuré, non. Mais des larmes ont coulé... Grand, grand merci !" (Chantal Delpech, le 04/08/06, festival Mimos, Périgueux)

Après une première création, Voyage à travers la folie (mai 06) sur la schizophrénie, identités multiples contenues dans un seul et même corps, suit Sans Direction Fixe , duo danse et guitare en hommage aux sans - abris, nos chevaliers errants contemporains.

Sans Direction Fixe est avant tout un "acte dansé" dans la cité, d'états de corps et de matières sonores en déploiement constant et sans cesse menacé. Je suis la chorégraphe et l'interprète de la pièce. Patrice Soletti, le guitariste, est mon partenaire, nourrissant la dramaturgie de la pièce, de par sa présence double (visuelle et sonore). Nous cherchons à dépasser la relation conventionnelle du musicien qui accompagne la danseuse. Nous partageons le même espace scénique pour raconter la même histoire, l'un étant le miroir de l'autre.

La raideur comme point de départ de l'écriture chorégraphique est une sorte de dissonance venant heurter le corps quotidien. Les mouvements sont construits en durcissant le corps, vécu comme un solide menacé de s'effriter ou de se liquéfier à chaque instant. Les postures apparaissent a priori "handicapantes" pour mobiliser tout l'être ; ce qui est à l'origine du bouleversement émotionnel.

Par moments, mon corps, d'apparence immobile, bouge à travers moi. Afin de faire partager l'expérience d'un espace : "matière à propulser, à sculpter", à rendre "visible". C'est ma conscience corporelle toute entière qui s'engage dans le trajet, de par sa lenteur et son déroulement. De là naît le sentiment du poids, la conscience attentive de ce qui est en train de se produire.

A d'autres moments je laisse apparaître des états tensionnels qui divergent à l'intérieur du corps. Comme un instrument polyphonique, sorte de tableau vibrant de couleurs opposées qui viennent désorganiser le corps. C'est bien d'un corps en vie, en intention/tension dont je parle et dont je cherche à exploiter essentiellement là la charge inconsciente.

 

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