photographe : Gérard Préget

 

 

photographe : Marguerite Herlant

 

 

 

Lectures

 

Je suis vivant
Lecture en trio pour une danseuse, une comédienne et un clarinettiste

Chorégraphie Annabel GUEREDRAT
Musique Aurélien BESNARD
Lecture Johanna DUPUY-HEMIMOU
Création Le Baloard, Montpellier, le 8 décembre 2008

En tant que chorégraphe, moi, je m'interroge avec cette lecture, sur la place de la poésie dans le spectacle vivant.

Ici la lecture en trio donne à entendre et à voir des poèmes et autres textes de l'écrivain cinéaste dramaturge Pier Paolo Pasolini (1922-1975), qui s'est toujours refusé à séparer l'art de la vie.

Parcourue de tensions, son œuvre protéiforme intervient au cœur des mutations anthropologiques, dans l'interstice ou la faille entre monde ancien et société industrielle, matérialisme et sacré, persistance du mythe et conscience révolutionnaire.

Pasolini fut ce nouvel « intempestif » qui transforma sa nostalgie en arme critique. « Un intellectuel, disait-il, ne saurait être qu'extrêmement en avance ou extrêmement en retard (ou même les deux choses à la fois, ce qui est mon cas). » Pasolini est notre prochain. Mais comment se reconnaître sous sa littérale extravagance ? En quoi s'identifier à « sa rage, sa joie, son "Il faut" parfaitement intraitable » ? C'est qu'il nous est proche dans son commerce avec l'intime, le secret, le sensuel.

Qu'il engage un vécu et que sa poésie enquête sur le réel, disant la blessure, la fragilité, la fêlure de tous. Par la réinvention d'un réel qui postule d'un « merveilleux barbare », il partage le lieu commun de la nostalgie, de l'évanouissement de l'ancien monde. Si son œuvre prend toutes les formes de l'incivilité et de la surrection, c'est pour s'acharner contre l'impossibilité de changer le monde, sur quoi nous continuons à buter. Enfin, par un singulier amour, il nous arrime à sa tribu. Pasolini est celui auprès duquel peuvent s'agréger tous ceux qui sont « agités par le cauchemar de l'espérance ».

La lecture

Comment donner à entendre une lecture contemporaine, rendre actuelle une parole politique et poétique à la fois. C'est une poésie en bouche : la parole donnée, et le poème comme matière première pour tendre les fils du dedans et du dehors. Cette lecture invite le spectateur à écouter, à ressentir le texte, pour accorder aux mots une autre place.

Le lien mots /danse/sons : l'écoute

Nous jouons sur trois média pour exprimer le même propos. Trois médias qui renvoient nécessairement à leur propre solitude, à leur propre mode de construction, de développement et d'interaction possible avec les autres.

Comment construire des voix interdépendantes qui créent un espace cohérent parce que le propos est commun.

 

Les armes miraculeuses
autour de poèmes et autres textes d'Aimé Césaire

Chorégraphie & danse Annabel GUEREDRAT
Musique Aurélien BESNARD
Lecture Johanna DUPUY-HEMIMOU
Création Le Baloard, Montpellier, 18 octobre 2006

Cette pièce interroge la place de la poésie dans le spectacle vivant. Les mots, la voix, la danse et les sons partent du corps. Ils ne font qu'un avec les textes, redonnant une expressivité douce-amer à l'auteur Aimé Césaire. A la fois une poésie abyssale et une poésie - arme, faisant éclater le théâtre contemporain de l'Opprimé. D'autant que la poésie d'A. Césaire est exigeante, déconcertante, originale par ses images, non gratuite, urgente et pleine de sens. Nous jouons sur trois média pour exprimer le même propos. Trois médias qui renvoient nécessairement à leur solitude, à leur propre mode de construction, de développement et d'interaction possible ou non avec les autres, l'espace de jeu restant cohérent parce que le propos est commun.

Pour lire les articles de presse sur les armes miraculeuses cliquer ici.

 

Rock'n love
autour de G. Luca, H. Michaux, A. Artaud

Chorégraphie & danse Annabel GUEREDRAT
Musique Aurélien BESNARD
Création Le Baloard, Montpellier, 3 avril 2006

Lectures de trois textes de Ghérasim Luca ( Passionnément, extrait de "Héros-Limite"), d'Antonin Artaud ( Jet de sang , extrait de "l'Ombilic des Limbes"), d'Henri Michaux ( Chaînes , extrait de "Plumes") - accompagnées par le clarinettiste Aurélien Besnard (30')
Lecture musicale qui se donne à voir et à entendre comme un sismographe de rythmes, nombreux et toujours contrariés par la coexistence de fluidité et d'accentuations.

 

L'art et la mort

Lecture d'un texte d'Antonin Artaud, extrait de l'Ombilic des Limbes (15')
Lecture burlesque entre folie et profondeur, accompagnée de gestes difformes, contrefaits, compulsifs et arythmiques. Les corps de la danseuse -comédienne devient une mécanique atteinte de pannes et soubresauts imprévus.