Photographe : Shirley Rufin
Domaine de Fonds Saint Jacques, novembre 07

 

 


Photographe : Philippe Bourgade,
jardin des papillons, Le Carbet, juin O7

 

 

 

Ceux qui restent

Chorégraphie & danse Annabel GUEREDRAT
Musique
Patrick WOMBA
Lumières
José CLOQUELL

Création le 23 novembre 2007 pour la Biennale des arts contemporains à Fond St Jacques, Martinique - en co-production les compagnies Artincidence et l'Instant présent

Ce duo est d'abord le fruit d'une expérience de la traversée au Carbet : "Agis dans ton lieu, pense avec le monde" (E. Glissant, Une nouvelle région du monde ). Au cours d'une résidence de recherche au Jardin des Papillons, j'ai fait appel à Patrick Womba afin de chercher ensemble sur la mémoire de ce lieu.

Et aussi dans un processus de recherche et d'expérimentation, pouvoir discerner et observer ce que nous nous renvoyions l'un à l'autre, l'un de l'autre, face à face, en regard, ou en non regard. Chacun dan sa discipline, lui par la musique et moi par la danse.

Ainsi nos axes de recherche ont porté :

d'une part, sur le corps -archipel , métissé, traversé de diverses influences et mémoires, donc ambigu, dérivé, fragile. Un corps contemporain hybride, qui se remémore... aussi un corps en mouvement et en métamorphose qui donne à imaginer les possibles d'une nouvelle trace, de nouvelles manières de regarder, de contempler, d'être là...

... et d'autre part, sur la trace sonore , par l'improvisation, décomposer les rythmes, les penser, les vivre de manière inhabituelle. Mettre en « vivance » la mémoire musicale, et dans sa présence, dans sa proximité, élaborer une forme de déconstruction pour réaliser une nouvelle musicalité 

... enfin sur une femme et un homme. Une femme qui vit en France et un homme qui a décidé de rentrer, « de regagner » la Martinique. Tous deux en scène, en errance, racontant un bout d'histoire, se faisant intercesseurs entre les vivants et nos morts, disparus,(oubliés), retrouvés. Nos morts qui crient si tellement fort à la nuit tombée de nos vies étincelantes d'inconsciences, d'inconséquences...

Les nouveaux enjeux artistiques seront de :

- créer et jouer en extérieur - la nuit, dans un nouveau lieu, "chargé" d'une autre histoire, les ruines de l'Habitation à Fond St Jacques.

- approfondir la question de la danse archaïque et la mettre "en parole", en chant, en musique.

Sorte de danse infantile, ancrée dans une musicalité intérieure forte. Elle même, mêlée, entremêlée, interrogée, commentée, convoquée, rejouée, par les paroles,  «les racontages », les chants et les percussions de Patrick.

- la lumière sera le nouveau partenaire de cette création. Réalisée par José Cloquell, nous la pressentons comme scénographie, comme espace/temps, comme moyen de mise en éclat du « négatif » de nos corps, des sons, des états, des souffles, de ces autres nous mêmes qui feront « corps à corps » avec nous, là où nous ne les attendons pas, afin de permettre le « voyage au noir ». Il s'agira encore une fois de créer de l'ombre, comme recréer du noir quelque part...