photographe : Marguerite Herlant

 

 

A la piscine
pièce pour 6 danseurs ( 50' ) Tournée CCAS juillet 2009-2010

Chorégraphie Annabel Guérédrat
Mise en scène Nathalie Guisset
Musique Luc Barrera
Interprétations Kazumi Fuchigami, Johanna Levy, Marjorie Lanneau, Antoine Carle, Anne Marie Boisvert, Annabel Guérédrat

•  Descriptif du spectacle

La piscine est un rassemblement de genres humains. Nous piochons dans la richesse de situations quotidiennes révélées par cet espace à la fois populaire et public, pour partager avec les spectateurs quelques fragments de vie. Cette collecte de matériaux sensibles et divers est source d'inspiration pour une pièce chorégraphiée tout public.

La piscine est une microsociété. Nous la fréquentons pour nous détendre, nous décharger d'un trop plein de tensions accumulé par le stress et nous ressourcer. C'est à partir de cette réalité que nous emmenons les spectateurs dans la poésie et la fragilité de l'homme, ses manies, sa folie, ses aspects inhabituels, absurdes voire obsessionnels compulsifs, tout ce qui fait de lui qu'il ne sera jamais « normalisé ». Dans ce spectacle, la danse se veut vivante, accessible, drôle, concrète. Le mouvement part donc d'une gestuelle quotidienne amplifiée, rythmée, de l'extrême lenteur à l'extrême rapidité.

•  note d'intention

Plutôt que de jouer dans un lieu attendu pour le théâtre et la danse, nous décidons ensemble, pour ce début de collaboration, de créer autour d'une piscine.

Pour ce faire, l e public, nageur habituel ou pas, est déjà à la piscine lorsque les danseurs interviennent. C'est donc à son insu que le « spectacle » prend forme. Par surprises successives, parce que chaque danseur, dans sa gestuelle reliée à sa fonction, va « signifier » un comportement particulier (le rendre signifiant en l'accélérant, en l'amplifiant, en le répétant), le spectacle se crée dans la quotidienneté de la piscine, comme un « reality show » dansé en direct.

Les 6 danseurs arrivent à la piscine en situation, avec chacun une caractéristique précise : nageurs eux-mêmes, ils se singularisent en accentuant leur mouvement, dénué d'émotion et de type automatisé et donnent à voir cette singularité aux spectateurs.

Aussi, grâce à un repérage en amont, ils interagissent par une action concrète en s'allongeant sur la serviette d'une nageuse, ou en reprenant la gestuelle d'un enfant, ou en adoptant l'attitude d'un autre nageur.

Soudain, une situation d'urgence est créée par le danseur en état méditatif : il suffoque. Tous les danseurs s'arrêtent net et le regardent. Cela provoque aussitôt une accélération rythmique pour les uns et une décélération jusqu'à l'extrême lenteur pour les autres.

Des rencontres se font sous forme de trois duos, puis deux trios jusqu'à la formation d'un sextuor : la chorégraphie ici donne à voir une danse fluide et très rythmée avec des portées, des accentuations, un lâcher du haut du corps amplifié jusqu'à la création d'une sorte de « géo-transe » qui se propage et donne envie de danser un slow, une valse, une salsa et pourquoi pas jusqu'à inviter les spectateurs à danser avec eux.