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F. B. GUIGNY New African Woman édition internationale |août - octobre 2010
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La cité de Dillon danse
MY. B. France-Antilles Martinique | 29.07.2010
voir la vidéo de Tatiana Chaumont sur youtube
Ces jeunes d'un quartier dit « sensible » , ont parfois un regard très lucide sur leur quotidien. En s'exprimant à travers l'art, ils veulent montrer que leur quartier regorge aussi de vie et de talent.
Spectacle : des jeunes parlent de leur quartier. Slam, percussions et danse. Autant de mode d'expression pour les dix-huit jeunes de Dillon, qui participent au programme « Fais danser ta cité » depuis le mois de novembre dernier. Une espèce de tribune ouverte où ils peuvent parler d'eux-mêmes et de leur cité à travers l'art. « Fais danser ta cité » est un projet qui s'inscrit dans le cadre de la dynamique interministérielle Espoir banlieues, initiée par le gouvernement.
C'est une chorégraphe originaire de la Martinique, Annabel Guérédrat, qui a eu cette initiative à Dillon. Grâce à ses ateliers, menés une fois par semaine à l'Adafae (association départementale d'aide aux familles et d'action éducative), elle espère surtout favoriser l'insertion sociale et privilégier la confiance en soi. « C'est tout un travail pour les jeunes de gérer leurs problèmes familiaux et leurs loisirs, explique-t-elle. Je savais que ça allait être difficile, mais le plus dur c'est que les jeunes ressentent l'enjeu derrière. Nous avons eu du mal à les faire venir au départ, il faut les faire accrocher et les gérer. »
Dépasser le « mwen pa anlè sa »
Avec l'aide des éducateurs de l'Adafae, qui gère le côté discipline, Annabel Guérédrat et les autres artistes ont un défi à relever : susciter chez les jeunes un plaisir et un désir. Après plusieurs mois de travail, les résultas sont là, même si les participants restent souvent difficiles à encadrer.
Pour l'équipe, il s'agit donc de dépasser le « mwen pa anlè sa » (NDLR, ça ne m'intéresse pas) pour que les jeunes se prennent au jeu de la danse, de l'écriture ou encore du tambour. C'est ce qu'a fait Nicolas Nelzi dit Nèg Madnick, animateur de l'atelier slam : « Le public que nous avons n'est pas un public facile. Au départ certains prétendaient que ça ne les intéressait pas. Il faut vraiment aller les chercher et c'est presqu'un corps à corps. Ce n'est pas évident parce que nous ne pouvons pas faire ce travail avec chaque personne. » D'autant que le temps est court. « A raison de trois heures par jour, poursuit-il, il faut parvenir à leur faire écrire leurs textes, mais aussi les dire. Ce sont des enfants qui ont de grandes difficultés sociales. Il y en a qui sont à l'aise mais cela demande un effort de recherche et un effort intellectuel qu'il faut inculquer à des jeunes en quelques semaines. »
En tout cas ces collégiens en profitent pour faire entendre leurs voix à travers les textes, en créole ou en français : « Sé pa tout ti manmay ki diabolik » (NDLR, Tous les enfants ne sont pas des diables), « Pas besoin de me battre pour avoir mon respect » , « Sa plito rèd an la vi-a » (NDLR, La vie est plutôt dure). Au-delà des mots, c'est également le corps qui parle sur les sons de tambours avec des pas de bèlè et de hip-hop.
En plus des ateliers artistiques, un court-métrage de huit minutes est prévu. Un autre moyen pour les jeunes de s'exprimer et de dépasser la violence, l'angoisse et le conflit. Josué Gabriel, éducateur à l'Adafae, considère que les objectifs sont atteints. « Cette année, ils ont joué avec leur personne et leurs mots, le tout sur le thème de leur quartier, explique-t-il. A travers ça nous voulons leur permettre d'acquérir des règles de vie en société. »
Le spectacle « Fais danser ta cité » a lieu demain à 11 heures à l'Adafae de Dillon (13, rue Salvador-Allende).
ILS ONT DIT...
Antonio, 17 ans, danseur : « Un projet formidable »
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« Ca fait dix ans que j'habite à Dillon et je participe aux activités de l'Adafae depuis trois ans. Ce que nous faisons ici est bien. Il y a de la musique traditionnelle, des spectacles, des animations dans le quartier, et je trouve que le projet « Fais danser ta cité » est formidable. » |
Hanessa, 13 ans, slameuse : « Ils pensent que Dillon est un ghetto »
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« Dans le slam, nous écrivons des poèmes et des textes et nous avons choisi de parler de Dillon parce qu'il y a beaucoup de personnes qui pensent que Dillon est un ghetto où il n'y a que des dealers. Or, Dillon est un quartier comme tous les autres parce qu'il y a des dealers partout de toute façon! « Fais danser ta cité » est un bon projet qui nous permet de faire connaître notre lieu de vie. Il y a des problèmes certes, mais il y a aussi les jeunes comme nous. » |